Provence - Olaf with Odin

Arbre isolé pendant un violent orage à Valensole / Lonely tree during a storm in Valensole, Provence.

Première lumière sur les champs de Lavande, Valensole / First light at lavanda fields, Valensole, Provence.

Sunset at la Sainte-Victoire / Couché de soleil sur la Sainte-Victoire

Un alezan crin lavé, Camargue

Je n'ai pas pour habitude de prendre des photos de chevaux. Je ne m'y connais pas du tout, je ne suis même pas sûr de la race de celui-ci : après recherches, il semble que ce soit un Alezan crin lavé, sachant qu'Alezan n'est pas une race mais juste un terme pour désigné les chevaux à pelage brun. 

Je me suis laissé allé à photographier celui-ci, qui était en semi-liberté dans les marais. 

Dans un milieu comme la Camargue, où tout est plat et le paysage souvent complexe (arbres, buissons, eau, constructions humaines au loin), une composition simple est souvent gagnante. 

Photographier en matinée permet d'avoir une lumière douce et surtout d'éviter les blanc trop saturés des hautes lumières, irrécupérables en post-production.

Les teintes dorées des premiers rayons de soleil apportent du dynamisme à la photo, et font ressortir la couleur du cheval. 

Evidemment, c'est perfectible. 

Un ciel rosé en arrière-plan est sûrement encore plus impressionnant, avec en contrepartie des tons légèrement plus "froids", l'apport de lumière étant plus faible à l'aube. 

On peut aussi éviter d'avoir des ombres sur la face du sujet. 

On peut trouver une composition encore plus simple et peut-être plus attirante (mer en arrière-plan, etc). 


Mais, et c'est là que l'on atteint les limites de ces sorties photographiques, on ne peut pas commander la faune et la flore ! 

Les chevaux n'arrivent pas sur commande. Il faut aussi les trouver. Parfois ils ne sont pas présents. Parfois ils sont présents mais vont paître dans un paysage pas vraiment photogénique (construction humaine en arrière-plan, point d'eau hyper saturé etc). 


En photographie, tout n'est pas dû au hasard. Un photographe professionnel pense justement à ces moindres détails. Il planifie ses sorties de façon minutieuse, avec l'espoir de réaliser LE cliché "unique", qui lui apportera toujours des frissons 20 ans après. Il retourne parfois 100 fois sur le même site pour provoquer cet instant magique   :     

- à quelle période de l'année/du mois peut-on trouver cette espèce ? 

- quelle météo le jour même ? le matin même ? le soir même ?

- quels paysages environnants ? 

- où se lève le soleil et à quelle heure ? 

- où sera mon sujet par rapport au soleil ?

- peut-on s'approcher du sujet ? 

- quel(s) objectif(s) utiliser ?


Si l'on arrive à répondre à une bonne partie de ces questions, cela facilite grandement la tâche du photographe une fois sur place. 

Mais il y aura toujours cette part de hasard, et c'est très bien comme ça. 


Je suis donc satisfait de cette photo. Elle ne rentre certainement pas dans mes photos favorites, je la trouve même plutôt banale mais la lumière est là, le sujet est net, la composition est simple. C'est déjà ça ! 

Le contexte autour d'une photo est toujours très intéressant. C'est l'instant passé sur place qui fait que l'on se satisfait du moment T, et parfois de la finalité (la photographie). 


Pour l'anecdote, si l'on tape "chevaux camargue" sur internet, on tombe de suite sur des photos sublimes de chevaux blancs (appelés "Le Camargue") au galop. Ils sont souvent 3, 4, 6 et galopent ensemble en liberté totale. 

Et bien non, la réalité n'est pas si idyllique. Les chevaux de Camargue ne sont pas sauvages. Ils sont en semi-liberté, et ils sont en sortie le long de la mer toujours guidés par des gardiens. 

Le Camargue ne galope pas dans la mer. Les gardiens entrainent les chevaux à le faire pour que des photographes puissent repartir avec de sublimes clichés. Et c'est hors de prix. 

Ces chevaux ne sont pas maltraités, ils prennent un certain plaisir à galoper en semi-liberté. 

Le but de mon commentaire n'est pas de critiquer les sorties équestres des gardiens, mais de mettre l'accent sur le contexte autour d'une photo. 

S'il n'y a plus de place pour le hasard, c'est la mort de la créativité.

Particulièrement quand le sujet est un être vivant comme un cheval, et encore plus quand le photographe se vantera de son cliché en insistant sur l'authenticité de sa photo, sur le caractère "sauvage" des chevaux et l'originalité de son oeuvre.

À une échelle encore un peu plus large, on remarque que ces phénomènes s'inscrivent pleinement dans l'ère du temps. 

N'est-il pas vrai que la Camargue, une des zones humides les plus importantes d'Europe, site naturel remarquable mis en avant pour son caractère "sauvage et préservé", ne se trouve qu'à 30km d'une des zones les plus polluées de France, la zone industrialo-portuaire de Fos-sur-Mer , et est traversée par au moins 3 routes départementales ?

Il faut parfois se détacher de tout cela et profiter de ces sorties photographiques pour partager le temps d'un moment, le quotidien de l'animal que l'on a, encore aujourd'hui, la chance d'observer dans les yeux, et repartir avec clichés et  souvenirs authentiques.





"Le Camargue" emblème de la région

Un pin d'Alep proche de la montagne Sainte-Victoire.   Terre ocre et ciel bleu viennent compléter le paysage typique de Provence.